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la Compagnie ivoirienne d'électricité a joué un rôle dans la crise qui secoue la Côte d'Ivoire. C'est ce que pense un de ses employés, par ailleurs responsable syndical.
Le Syndicat national des agents du secteur de l'énergie (SYNASEG) a décidé de donner une autre tournure à son combat contre la direction générale de la Compagnie ivoirienne d'électricité. Réunis hier en assemblée générale au siège de leur organisation à Treichville, les membres de ce syndicat ont exprimé leur désir de porter plainte contre la CIE auprès de la commission des normes du Bureau international du travail. A en croire le secrétaire général du SYNASEG, M. Yao François, cette plainte porte sur les licenciements abusifs, la liberté syndicale, la discrimination et l'ingérence de la CIE dans des affaires syndicales. Outre cette plainte, le SYNASEG envisage d'initier une campagne internationale pour dénoncer les attitudes de la CIE dans le cadre de la fédération internationale des syndicats des travailleurs de la chimie, de l'énergie des mines et des industries diverses (ICEM) et de toute autre structure de dimension internationale. Des tracts signés par le SYNASEG seront largement diffusés pour dénoncer le mode de gestion, le fonctionnement et toutes les pratiques de la CIE. « Ces tracts vont démontrer à l'opinion nationale le rôle de la CIE dans la crise ivoirienne, les sociétés écrans crées pour pomper l'argent des travailleurs », annonce le secrétaire général du SYNASEG. Pour lui, son employeur a posé des actes pendant la crise qui la compromettent fortement. « En décembre 2005, lors de la nomination de Banny à la primature, l'électricité a été coupée sur tout le territoire national par la CIE. Et elle n'a pas donné d'explication sur ce fait. Avant la résolution 1633 de l'Onu le 13 octobre 2006, le contrat de renouvellement de la CIE a été signé par les autorités avant le 27 octobre 2006, date à laquelle normalement le contrat devrait être discuté », révèle le SG du SYNASEG. Le syndicat exige de son employeur la restitution intégrale et sans délai de toutes les cotisations abusivement confisquées de novembre 2005 jusqu'à ce jour, la réintégration sans condition des huit camarades abusivement licenciés, la renonciation au projet de licenciement de certains dirigeants du Synaseg. Au niveau des revendications, le syndicat réclame l'application effective de la consommation plafond d'électricité en faveur de tous les travailleurs au plus tard le 1er janvier 2008. Il exige également l'application des accords sur la revalorisation des salaires dès le 1er janvier 2008. Des poursuites judiciaires seront entreprises, selon les syndicalistes, pour obtenir la cogestion des fonds des travailleurs gérés unilatéralement à ce jour par l'employeur. « Si en agissant ainsi pour exposer publiquement la gestion opaque de la CIE, la direction ne se sent pas ébranlée, nous allons passer à une étape plus importante », avertit M. Yao François.
Fabrice Tété
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